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20/12/2004

Salaires ukrainiens pour les petits baigneurs de Roanne

IMG_0572_2.JPGDécembre 2004 - De nombreuses entreprises françaises sous traitent leur production en Ukraine.
les salaires étant très bas. Une société de Roanne a franchi le pas. Mais la
concurrence est très rude, notamment avec les Chinois.
Dans l'Indre, les PME de l'habillement restées françaises meurent une à une. En
silence. les autres tentent de survivre en jouant la carte de la sous-traitance
delocalisée  La faute à la course aux prix bas.
Dans cette compétition acharnée
la Tunisie, la Turquie, la Roumanie, mais surtout la Chine ont un atout majeur
: des salaires très bas. Un mouvement accéléré, ou rien n'est acquis. Les
Polonais sont en train de l'apprendre à leurs dépends. Trouvant les salaires
trop élevés, de nombreuses entreprises désertent ce pays et ont tourné leur
regard vers l'Ukraine.
Et les commandes affluent.
Edouard Son, patron de l'entreprise UK International installée a Roanne dans la
Loire a franchi le pas, il y a huit ans.
Footballeur ukrainien de haut niveau -
il a joué en Coupe d'Europe notamment contre Bordeaux - il travaille avec
l'entreprise de Korneva Svitlana, Kianka, dans la banlieue de Kiev. Elle
emploie 700 personnes et assemble des polos, chemises, pulls. Chaque année, un
million de pièces sortent de ses ateliers.
Construite dans les années soixante, l'entreprise a été rachetée, il y a deux ans,
par une partie du personnel et par des "actionnaires". "il y a même des
Russes", assure Mme Kornieva. Elle ne veut pas en dire plus.
Kianka fabrique sa propre collection. Mais cela ne représente qu'une infime
partie de sa production. Les collections étrangères ne demande que de
l'assemblage. Ses clients : Petit baigneur. les Flibustiers. Vivement dimanche.
Une employée
qualifiée gagne ici 250 dollars; un simple salarié 150. "Un polo homme revient
entre un et cinq dollars à fabriquer. Cela dépend de la qualité".
explique-t-elle. Son entreprise marche-t-elle bien? "Oui, sinon il faut aller
faire autre chose, rentrer chez soi".
Le personnel, plutôt âgé. "est fidèle" et il travaille 37 heures par semaine.
Théoriquement. "Mais il peut travailler plus, quand il y a des commandes. même
les week-end". assure l'adjointe de la direction. les heures sont comptées
double le samedi et le dimanche. pas la semaine. "On a du mal à employer des
jeunes, regrette Mme Kornieva, ils ne veulent pas travailler chez nous, ce n'est
pas assez valorisant".

A quelques centaines de kilomètres a l'ouest de la capitale, Naina Gavrishevska
dirige une entreprise à Tcherkassy. Elle emploie 300 personnes. Les salaires
sont plus bas, moins de 100 euros. Ce qui la désole c'est le niveau des charges
salariales : 53%. Si elle ajoute les impôts "cela fait du 100%"  Ses concurrents
: la Turquie " Je ne sais pas comment ils font pour payer leurs employés et
sortir des prix aussi bas". avoue-t-elle.
Si la chef d'entreprise de Kiev votera pour Iouchtchenko - il a promis de
baisser les impôts -, celle de Tcherkassy ne fait confiance à aucun des deux
candidats. Elle votera donc "contre tous".

G.D.

Ce reportage a été publié dans Le Progrès.

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