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22/12/2004

A Kiev, c'est déjà le président Iouchtchenko

IMG_0558.jpgViktor Ichtchenko et Viktor Ioukanovitch s'affrontent à nouveau dimanche 26 dans les urnes. Mais à Kiev, il n'y a manifestement qu'un seul candidat. Celui de l'opposition.

Alors que sur ses affiches électorales, Iouchtchenko répéte inlassablement "Tak
mir Bam", son adversaire est étrangement absent.

Lâché par le président Koutchma, donné perdant par tous les sondages, il a été sérieusement bousculé par son rival en début de semaine lors d'un face à face télévisé. Le lendemain, la presse et les analystes étaient unanimes : "Ioukanovitch s'est mal défendu, On avait l'impression qu'il savait qu'il avait déjà perdu", Mais à trois jours du scrutin décisif, l'opposition n'entend pas faire baissser la pression. Ni surtout se faire voler sa victoire.

Mercredi soir, elle avait appelé à une gigantesque manifestation sur la place de l'Indépendance, théâtre de la "révolution orange". A 15 heures, ils étaient déjà plusieurs centaines. Arrivés en petits groupes, la plupart arborent un brassard, une écharpe, un bonnet orange. Deux heures plus tard, la foule a grossi. Les drapeaux ukrainiens jaune et bleu sont venus rejoindre les banderoles "tak" (assez) ou "pora" (ça suffit) ou "Iouchtchenko président".

Trois écrans géants sont été installés sur la place. Deux encadrent le podium, Les images des manifestations, les débats au parlement, les interventions d'Iouchtchenko, des appels à aller voter dimanche, passent en boucle, au son de la pop ukrainienne. Il fait - 5! A 18h15, la place est noire de monde. Un speaker n'en finit pas d'annoncer l'arrivée du "président Iouchtchenko".

Helene Lorbach, étudiante en 4e année de sciences à Kiev, est venue avec quatre amis.  Elle ne veut plus entendre parler de Ianoukovitch et de la mafia des oligarques. "Il a voulu nous voler notre victoire, nos élections, nos votes. Ici, ily a trop de corruption. On veut la vérité, l'honnêteté".  Au premières notes de l'hymne ukrainien, elle s'interrompt et, comme toute la foule, place sa main droite sur le cœur.

Iouchtchenko monte enfin sur le podium. Il disparaît derrière une forêt de drapeaux orange mais aussi jaune et bleu. Il est 19H15. Le thermomètre lumineux au sommet d'un immeuble affiche imperturbablement -5! Pendant deux heures, ses proches, Ioulia Timochenko, Petro Porochenko, Vladimir Moretz, les frères Vitali et Vladimir Klitschko, boxeurs de réputation internationale, et de Russlana, chanteuse populaire, feront applaudir le "président Iouchtchenko". La foule reprendra sagement les slogans, le chant de la révolution. Sans excès. "Personne n'emêchera quelqu'un d'apprendre le Russe, personne n'empêchera quelqu'un d'apprendre la langue qu'il veut", martele Iouchtchenko, qui veut une"Ukraine unie".

Agité par Ioukanovitch le risque d'une séccession des régions russophones paraît bien peu probable. Même à Kharkov, une région qui a pourtant voté à 70% pour le candidat du pouvoir. l'ancien gouverneur, -démissionaire - accusé par l'équipe de Iouchtchenko d'être l'un des plus gros falsificateurs" du deuxième tour de la présidentielle, assure maintenant que la victoire d'Iouchtchenko ne lui fait pas peur, même s'il ne "l'applaudira pas". Personne ne veut la partition de l'Ukraine, assure Natty, 35 ans, employée.

 

G.D.

Ce reportage a été publié dans Le Progrès.

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